Nouveaux GTLD 2014 – un avantage pour le SEO ?

Nouvelles extensions ICANN 2014Révolution pour certains référenceurs, évolution attendue pour d’autres, l’arrivée des nouvelles extensions de domaine en 2014 pose des nombreuses questions. Quelle en est l’impact des nouveaux GTLD sur le référencement d’un site web ? Dois-je les utiliser pour créer mes prochains sites internet ? Dois-je faire migrer mon domaine actuel (avec les frais que cela suppose) ?

Les différentes extensions avant 2014

Les domaines de premier niveau ou Top Level Domain (TLD) – c’est-à-dire le nom de domaine « réel » – se répartissent en trois grandes familles :

  • les extensions génériques (GTLD) : les « grands classiques » à savoir le .COM, le .BIZ, ou encore le .INFO
  • les extensions génériques à accès restreint : l’obtention de ces dernières est soumise à des critères plus ou moins stricts, liés à la nature de l’entité (.GOUV, .EDU, .ORG) le secteur d’activité ou la communauté (.MUSEUM, .TRAVEL, .TEL, .PRO, .JOBS…)
  • les extensions associés à un code pays (CCTLD) : la « voie royale » actuellement pour les activités géolocalisées exclusivement sur un seul pays (.BE pour la Belgique, .FR pour la France, .LU pour le Luxembourg, etc.)

L’apport des nouveaux GTLD

Les nouveaux GTLDs accessibles à partir de 2014 viennent enrichir la catégorie des extensions génériques, en complétant des catégories existantes et en ajoutant de nouvelles sous-catégories :

    • Géographique >>> Villes/Communes : .PARIS, .BRUSSELS, .BERLIN…
    • Géographique >>> Région/Province
    • Communauté >>> Nom de marque : .GOOGLE, .MICROSOFT, .APPLE…
    • Communauté >>> Secteur d’activité : .TAXI, .TENNIS, .SPORT…

Le déploiement de ces nouvelles extensions était en fait prévu par l’ICANN depuis 2012, pour une mise en place progressive sur deux ans (soit entre 2013 et 2014)

L’institution de gestion : L’ICANN

Les extensions de domaine font l’objet d’un enregistrement et d’une supervision par l’ICANN. Derrière cet acronyme se cache The Internet Corporation for Assigned Names and Numbers – ou en bon français la société d’assignation des noms et numéros d’identification relatifs à Internet.
Créée en 1998 en Californie – oui je sais on a déjà entendu cela quelque part 🙂 – l’ICANN est une structure à but non lucratif visant la supervision du réseau DNS, lui-même assuré en pratique par les différents registrars.

Derrière cette appellation légèrement barbare se cache le système de liaison DNS. Le Domaine Name System (DNS) est pour ainsi dire la base d’Internet, puisqu’il permet d’associer le nom de domaine conçu « pour les humains » (www.monsite.com) au numéro d’identification utilisé par les machines pour afficher ledit site internet (communication serveur-ordinateur). Ce process est joliment résumé par le terme « résolvabilité universelle ».
Ce système souple permet notamment le changement de serveur, c’est à dire la modification de l’adresse « machine » (123.456.789 devient par exemple 751.245.741) tout en conservant la même URL (www.monsite.com).

Un nouveau degré de communication sur internet ?

D’apparence anodine, ces nouvelles extensions ouvrent à proprement parler un nouveau niveau de communication pour les entreprises, organismes publics et associations. En effet toute organisation est désormais en mesure de soumettre une demande afin de posséder sa propre extension.
Petite restriction cependant pour les candidats : la constitution d’un dossier de candidature, et le paiement d’une somme rondelette de cent quatre-vingt-cinq mille dollars (185 000$) avec le dossier puis environ trente-mille dollars (30 000$) par an pour le conserver.

Les problématiques SEO posés par cette diversification

Un mot-clé au niveau hiérarchique le plus élevé

Le principal intérêt des nouvelles extensions de domaine est évident, à savoir la présence d’un mot-clé au niveau le plus élevé du domaine. La présence d’un mot-clé au niveau de l’extension laisse supposer un poids particulier accordé par les moteurs à ce dernier.

Vers un usage généralisé des webmestres en quête de ranking ?

La problématique des nouveaux GLTDs est cependant à relativiser. En effet jusqu’à présent et malgré le large choix disponible, le choix du nom de domaine se porte généralement sur les GLTDs les plus connus (typiquement le .COM) ou les CCLTDs (.fr pour la France, .be pour la Belgique, etc.)

Un poids supérieur à un NDD contenant le même mot-clé ?

De nombreux articles parus récemment avancent que lors d’un test miroir de deux domaines similaires, celui disposant d’un GLTD contenant le mot-clé recherché se positionnerait mieux (= ranking supérieur) que celui ne disposant d’une extension générique de type .COM ou .info.
Ce principe est sans doute applicable dans le cas d’un NDD reprenant uniquement le nom de marque. Par exemple si la menuiserie Dupont se situe à Paris, il semble cohérent d’accorder un avantage au NDD www.menuiseriedupont.paris VS www.menuiseriedupont .com.
A l’inverse, je suis beaucoup moins persuadé par la différence de positionnement entre un NDD contenant le mot-clé recherché, et le même NDD sans mot-clé mais avec la GLTD correspondante. A savoir pour l’exemple www.menuiserie-dupont-paris.com et www.menuiserie-dupont.paris. On se retrouve ici dans une problématique rappelant les EMD (Exact Match Domain) à savoir le poids des mots-clés dans le NDD.

Alors, doit-on migrer son site afin d’optimiser son positionnement ?

A mon sens la question se pose principalement pour les extensions relatives aux lieux et aux communautés (les extensions de marque étant par définition controlées par les sociétés possédant lesdites marques).

Par exemple, consultant désormais à Bruxelles, dois-je basculer mon site www.gothueyconsulting.com vers www.gothueyconsulting.brussells ? A mon niveau aucun intérêt réel, étant donné que bien que je vois situé en région bruxelloise mon marché est plutôt national (la Belgique et donc plutôt un .BE) voire international.

Une meilleure lisibilité de l’URL…

Pour une activité purement locale, la question se discute étant donné que les nouveaux GLTDs permettent d’avoir une URL plus propre et concise. Entre www.plomberiedupont.paris et www.plomberiedupontparis.com, la comparaison se passe de commentaire. Après il faut voir si l’utilisation du site internet en question justifie un investissement de plus de deux cent euros dans un NDD.

…mais un coût dissuasif

Parlant d’investissement et de couts, si vous décidez de migrer votre site vers une version disposant d’un nouveau GTLD, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une migration d’un ancien domaine vers un nouveau domaine. En plus des deux cent euros pour acquérir votre nouveau NDD, prévoyez les services d’un référenceur ou d’une agence de référencement pour définir le plan de migration SEO : déclaration via votre console Webmaster Tools, Redirections permanentes page par page, mise à jour du réseau de baclinks… au risque d’impacter gravement le positionnement de votre site web, et d’avoir l’effet inverse sur votre référencement web !

Avantages et inconvénients des nouveaux domaines de premier niveau

Avantages :

  • une probabilité plus élevée d’obtenir des résultats de recherche de meilleure qualité de par des critères et un cout beaucoup plus restrictifs que pour un domaine de premier niveau « classique »
  • une URL plus courte et donc lisible tout en conservant les mots-clés recherchés

Inconvénients :

  • un tarif dissuasif pour beaucoup : vu la différence de prix entre un domaine de premier niveau « traditionnel » (.com, .org, .net) et un nouveau TLD, la question se pose réellement. Un CCTLD ou GTLD coutait jusqu’à présent quelques euros par an chez la majorité des registrars ; la réservation d’un nouveau gTLD vous coutera environ deux cent euros, voire plus… un investissement à réfléchir donc, plus spécialement pour les petites entreprises/ TPE ayant un budget de communication limité
  • La nécessité de faire appel à un spécialiste du réferencement en cas de changement de nom de domaine
  • un déploiement par vague et en fonction des dossiers reçus ; autrement dit certaines villes par exemple ne seront pas disponibles au même moment pour des raisons de dépôt de dossier ou de lenteur de traitement
  • un problème linguistique : certaines villes comme Bruxelles ne seront disponibles pour l’instant que dans leur version anglaise (.brussels), ce qui pose un problème de cohérence linguistique pour un site rédigé en français

Pour aller plus loin :

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