2000-2015 : rétrospective sur quinze années du métier de référenceur

« Où puis-je me situer dans l’histoire du SEO franco-belge » ? Une question qui me vient assez naturellement quelques jours après le SEO CAMPUS de Paris 2015. Au sein de ce rassemblement de spécialistes et d’amateurs (le seul dans l’hexagone avec le SMX ?), des profils de tout type et tout âge. Entre le chef de projet junior fraichement diplômé et les spécialistes « séniors », l’écart me surprend davantage qu’à mes débuts en 2009.

Ci-dessous une tentative personnelle de retracer les quinze dernières années du métier de référenceur en France et en Belgique. Attention je parle ici des consultants indépendants et non des agences. Ces dernières feront l’objet d’un prochain billet.

Les commentaires sont les bienvenus. N’hésitez pas non plus à me contacter si votre nom est cité et si vous souhaitez le voir retirer – ou l’ajouter 🙂 .

Index :

An 2000 : les précurseurs

L’an deux-mille, c’est un peu le « big bang » du monde francophone. Avant il n’y avait rien, et puis tout d’un coup le référencement apparait de nulle part. Certes deux ans se sont écoulés depuis la création de Google mais bon on n’allait pas se ruer dessus non plus 🙂

C’est à cette époque qu’apparaissent certaines figures devenues incontournables du paysage SEO francophone actuel :

2005 : l’avènement d’une nouvelle profession

Entre 2000 et 2005, la pénétration de la connexion internet haut-débit dans l’hexagone connait un essor sans précédent. Apparu en 1999, l’ADSL atteint ainsi onze millions d’abonnés en 2006. Conséquence directe de ce nouveau medium, les métiers du web se complexifient. Les différents départements s’étoffent, et le référencement naturel devient petit à petit une spécialité à part entière.
Quelques référenceurs indépendants ayant commencé leur carrière dans les années 2004-2005-2006 :

  • Laurent Bourelly (2004)
  • Paul Sanches (2006)
  • Etc.

2008-2009 : La démocratisation du métier

Cette partie est la plus simple à rédiger pour moi puisqu’il s’agit de ma génération 🙂
Petit panorama en 2008 :

  • le marché a été défriché, bordé et défini par les précédentes générations
  • les enjeux et l’importance de cette spécialité sont bien compris par les différents acteurs du web (chez les annonceurs mais aussi les agences)
  • premier problème cependant : il n’y a toujours pas de formation, de cadre méthodologique ou même d’autorité vers laquelle se tourner
  • problème numéro 2 : peu d’entreprises (agences ou annonceurs) ont suffisamment de besoin pour justifier l’emploi d’un responsable SEO

Je pense personnellement que ce climat m’a aidé à me lancer en tant qu’indépendant. Orienté achat média/ bannering à l’époque, j’ai commencé à travailler en indépendant par la force des choses. « Une crise économique est un moment parfait pour lancer une activité » comme disent les anglo-saxons.

Comme les autres référenceurs de ma génération, j’ai appris sur le tas, par l’expérience et à grand renforts de recherche, veille et tests sur mes propres sites internet. Il était alors possible d’obtenir des résultats satisfaisants en termes de ranking et trafic avec une connaissance technique modérée. Petite note pour les nouvelles générations, suivez bien vos cours car je ne suis pas persuadé que ceci soit encore possible aujourd’hui 🙂

Quelques autres référenceurs de cette génération :

Fait révélateur de cette démocratisation, c’est à cette époque qu’apparaissent beaucoup d’événements, corpus et organisations soutenant la professionnalisation du métier de référenceur, notamment :

  • L’association SEO Camp (2008)
  • Le salon SMX Paris (2010)
  • La licence référencement & rédaction web (2008)

2012 : le baby-boom

Après le big-bang, passons désormais au baby-boom. Rien de dénigrant envers les nouveaux référenceurs, bien au contraire. J’utilise ce terme ici simplement pour signifier une explosion du nombre de jeunes professionnels dans ce domaine. Si j’en crois le nombre de CV de stagiaires que je reçois chaque année, ce nombre a littéralement explosé depuis 2012.

Je ne sais pas si d’autres consultants ont eu la même sensation en 2012, mais pour moi cette année est vraiment apparue comme une fracture. Pas totalement la fin du SEO amateur mais un bon « coup de pied » dans notre fourmilière. La raison ? Le déploiement de plusieurs modifications algorithmiques majeures chez Google entre 2011 et 2013, notamment :

  • Algorithme Panda : Février 2011
  • Google Venice : février 2012
  • Algorithme Pingouin : avril 2012
  • Apparition du knowledge graph : mai 2012
  • Nom de domaine à correspondance exacte/ Exact Match Domain : septembre 2012
  • Payday loan : juin 2013
  • Colibri/ Hummingbird : aout 2013
  • Etc.

Je me souviens que c’est également à cette époque que mes clients ont commencé à me poser des questions techniques :

« Jean-Francis, devons-nous adapter le contenu sémantique de notre site internet afin de mieux prendre en compte l’algo Hummingbird ? »

Plutôt normale comme question en 2015, mais beaucoup plus surprenant en 2013 venant d’un client à qui j’avais expliqué le fonctionnement d’un moteur de recherche six mois avant 🙂

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